2 belles années d’allaitement





Au départ, et pour chacun de mes enfants, pendant la grossesse je me suis
dit « on verra ! Si ça se passe bien tant mieux sinon ce n’est pas grave ».
Après une première expérience d’allaitement plutôt chaotique,
je partais certainement avec quelques appréhensions mais j’avais espoir !

Pour mon premier allaitement je n’avais pas été aidée à la maternité,
pire encore on m’avait oubliée !
Totalement abandonnée et sans savoir que je pouvais avoir de l’aide,
j’ai laissé l’allaitement mixte se terminer vers les 3 mois de ma fille.
En y repensant je ne suis pas triste, simplement déçue peut-être
de ne pas avoir pu vivre parfaitement ces moments.

Alors quand dès les premiers instants, l’allaitement avec Suzanne a été
une évidence, j’ai osé me dire que ça ne durerait peut-être pas.
Encore une fois je ne voulais mettre de pression à personne.
Ni à elle ni à moi !
Et puis les mois ont défilé, toujours en parfaite harmonie.
J’étais si heureuse de pouvoir lui apporter ça.

Alors pourquoi tout arrêter ?

A ses deux ans je produisais encore largement assez de lait
et elle adorait téter.
Elle adorait à tel point que mes seins étaient devenus ses doudous.
La tétée était un réconfort bien plus qu’un besoin réel tel la faim.
C’en était devenu très problématique : les endormissements et les retours
de la crèche devenaient des moments de crise.
Les nuits n’étaient guère mieux !
Cette situation liée à l’allaitement était pesante pour toute la famille
notamment à cause des nuits hachées.

Et puis quelques jours après ses 2 ans on est partis en amoureux voir des amis,
Suzanne devait donc rester grosso modo 5 jours et 3 nuits sans moi !
De mon côté je me vidais les seins matin et soir sous la douche.
De son côté elle ne les réclamait pas du tout.
C’est à ce moment là que j’ai décidé l’arrêt de l’allaitement.

A mon retour, elle a réclamé les « nénés » presque tout de suite en me voyant.
On a détourné son attention, elle est passée à autre chose.
Les jours suivants, elle a continué à les réclamer :
d’abord 2/3 fois par jour, puis 1 fois puis plus du tout !
Cela a duré peut-être 3 semaines grand maximum.

Forcément au début je n’en menais pas large, j’ai failli craquer plus d’une fois !
Et puis j’ai repensé à tous les moments difficiles que l’on avait vécu tous les 4.
J’ai repensé au manque de sommeil et au stress engendré.
J’ai repensé à ce nouveau rythme, à cette nouvelle relation plus saine entre elle et moi.
Le réconfort ne vient plus de mes seins,
il vient de son père, de sa soeur, de son doudou, de moi,
c’est devenu un partage merveilleux !

Aujourd’hui…les évolutions et les ressentis !

Il y a donc eu énormément de changements au niveau du sommeil !
Suzanne peut s’endormir seule à présent (même si elle préfère un petit câlin !).
Les nuits sont plus rarement entrecoupées et elle se rendort rapidement.
Alors qu’avant ses deux ans les nuits complètes se comptaient sur les doigts d’une main,
à présent on ne les compte plus et elles sont devenues normales, quel bonheur !

Ce n’est peut-être pas l’arrêt de l’allaitement qui a changé le comportement de Suzanne.
Mais l’arrêt de l’allaitement a peut-être changé MON comportement vis à vis de Suzanne,
lui permettant de lâcher prise et d’être plus sereine.
Je ne sais pas clairement tout ce qui se joue.
Je tiens simplement à rappeler que notre histoire est particulière
puisque juste avant la grossesse de Suzanne,
mon fils Edgar est mort-né in-utéro !
Cela a forcément eu un impact sur ses ressentis et son comportement comme sur les miens !

Peut-être que j’attachais trop d’importance à ce lien particulier créé grâce à l’allaitement
et qu’inconsciemment j’empêchais Suzanne de ne plus avoir besoin de moi.
Je ne sais pas, ce sont des « peut-être » qui peuvent être intéressants à creuser.

Aujourd’hui forcément l’allaitement me manque parfois.
Vous savez ce lien particulier, ce regard, ces caresses.
Mais c’est aussi ça le rôle de parent : prendre plaisir à voir nos enfants
grandir et s’accorder de nouveaux besoins !

Chaque parcours est unique.
Ne laissez quiconque vous dire « il faut que » ou « tu devrais ».
Faites confiance en votre instinct et en vos capacités.
Si vous jugez préférable d’arrêter l’allaitement pour X raison,
faites-le sans attendre l’accord de quelqu’un.
Si vous préférez continuer l’allaitement jusqu’aux 4 ans de votre enfant
parce que c’est une situation pleine d’harmonie pour vous et votre famille
alors continuez à vivre ce bonheur.

N’ayez crainte, vous faites de votre mieux et c’est bien tout ce qui compte !

Tendrement,
Julie

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1 Comment

  • Reply
    Anne
    1 octobre 2019 at 15:02

    L’allaitement est une chose toute naturelle et magique ! Je crois qu’il faut encourager les mamans, les accompagner car c’est ce soutien qui m’a permis de poursuivre l’allaitement avec mon premier bébé, l’infirmière m’avait encouragée en me disant : attendez encore un peu, c’est difficile au début mais peu à peu vous verrez que c’est merveilleux et pratique aussi !!! Et c’est très très vrai !!! Par contre, il faut respecter chaque histoire, chaque maman et chaque bébé, si ce n’est pas possible, il ne faut pas culpabiliser les mamans car une maman c’est déjà suffisamment facile à faire culpabiliser comme ça sans en rajouter. Encore une fois : le respect, la douceur et la compréhension est de mise pour chaque famille. J’ai allaité mes petits loups jusqu’à leurs trois ans et j’allaite encore mon petit-grand loups de trois en et demi. Bien sur j’ai des commentaires parfois blessants et de l’incompréhension de certaine personne mais maintenant je laisse parler en tentant de ne
    trop m’en faire, à quoi bon, l’important c’est ma famille.

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